Mais voilà, je passe mes soirées toute seule dans ma petite chambre & je n'ai pas grand chose d'autre à faire que penser au passé.
Et revivre cette fuckin' journée du 8 décembre 2007.
Et ça me tue.
Parce que tout s'annonçait merveilleusement bien.
Oui, ça m'avait grave mis les boules de quitter Mamie, oui j'avais chialé comme une merde.
Mais l'avenir s'annonçait radieux loin du tyran.
Un putain d'appart méga trop bien, & plus l'angoisse de rentrer chez soi le week-end.
Respirer un peu après des années d'oppression.
Ouais, sauf que moi j'ai un mauvais karma, du genre dans une vie antérieure j'étais Hitler ou Emile Louis quoi.
Alors fallait bien que ça parte en couilles, fallait bien qu' un "Valérie est morte" vienne percer ma p'tite bulle de bonheur.
Et là tu te retrouves au milieu de la route, les pieds dans une flaque d'eau, sans savoir comment tu es arrivée là.
Et puis tu appelles ta grand-mère pour la soutenir & tu te retrouves à devoir lui apprendre que sa fille est morte.
Après, 2 jours dont j'ai pas trop de souvenirs, si ce n'est T1-Mar qui m'engueule pour que j'arrête d'y penser quand il sent que je vais craquer en Histoire.
Et puis 7 heures de route sans desserrer les dents, arriver en Ardèche & serrer Lucas dans mes bras, le serrer à l'en étouffer. Faire la même chose avec Alex'.
Se rendre compte qu'elle est vraiment morte devant le cercueil.
Et refaire 7 heures de route silencieuse.
Et essayer lentement de reprendre le cours de sa vie.
Bien sur que j'ai passé des mois à sortir mon téléphone de ma poche pour l'appeler avant de me rendre compte de ma connerie.
Bien sur que je lui en ai voulu de m'avoir abandonnée, de les avoir abandonnés.
Bien sur que je m'en suis voulu de me dire que c'était peut-être mieux comme ça.
Mais ce qui reste constant c'est le manque, cette gorge qui se sert quand je mange de la chantilly, quand j'écoute Gerald de Palmas ou quand je fête mes 18 ans & qu'elle n'est pas là.
Tata je t'aime, tu me manques.

